Vous trouverez sur cette page les dernières infos sur la compétition route, un éditorial, des reportages en coulisse, des vidéos—tout un contenu relatif à nos équipes professionnelles Boels-Dolmans, Quick-Step–Floors, Bora-Hansgrohe et Axeon Hagens Berman. Elle sera régulièrement mise à jour tout au long de la saison 2017. Alors revenez-y souvent et surtout, bonne saison de compétitions !

25 juillet 2017

Tour de France : le compte à rebours final

 Vingt-et-un jours, dont deux jours de repos répartis ici et là où les coureurs se disent : « puisque je suis arrivé jusque-là, autant continuer ». Ceux qui sont blessés refusent de l'accepter mais, parfois, la blessure finit par gagner et leur rêve de Tour de France se fracasse sur l'écueil de la réalité. Ceux qui restent revêtent leur tenue en Lycra et accrochent leur casque, jour après jour, pour prendre le départ et voir qui va faire le spectacle. Lors de la 16e étape, juste après la seconde journée de repos, le peloton imprime un rythme d'enfer à la course. Marcel Kittel (Quick-Step) se retrouve en difficulté alors que tous ses adversaires grignotent des points du maillot vert. Dans la charge acharnée vers la ligne d'arrivée (dans laquelle il ne joue aucun rôle), Kittel cède quelques points supplémentaires mais, rien de grave, le maillot si convoité par les sprinters reste solidement accroché sur ses épaules. Il rêve sans doute de le conserver jusqu'à Paris.

Mais le Tour de France ne fait pas de favoritisme. Il se moque de ce que vous voulez. Kittel a certes pris le départ de la 17e étape en vert, mais c’est une très mauvaise journée pour lui. On s’attendait à voir du spectacle dans les cols (l'étape est truffée d’ascensions, dont l'impressionnant Galibier), mais pas à ce qu'une petite chute fasse voler en éclats les espoirs de Kittel. Emporté par une chute après seulement 20 km de course, il tente vaillamment de repartir, avec un objectif clair : terminer dans le grupetto. Mais un tweet de Quick-Step met fin aux espoirs de ses fans : « Le maillot vert @marcelkittel, quintuple vainqueur d'étapes sur le #TDF2017 abandonne au sommet du col de la Croix de Fer ». Son rêve de franchir la ligne d'arrivée à Paris avec le maillot vert sur les épaules est anéanti. L'étape est remportée par un ancien sauteur à ski. Les rêves de l'un sont pulvérisés, ceux d'un autre se réalisent.

Arrive ensuite la 18e étape avec le Col d’Izoard. Raide est l'adjectif qui le définit le mieux. L'arrivée au sommet marque le dernier jour de montagne du Tour. C'est probablement pour les prétendants au classement général la dernière occasion d'arracher le maillot jaune à celui qui ne veut plus le lâcher. L'Izoard, c'est 14 km de montée à un dénivelé moyen de 7 % et la certitude pour tous d'avoir bien mal. Il y a des attaques en quantité et des à-coups lorsque des échappés sont rattrapés. Finalement, un homme parvient à se détacher et franchit seul le sommet, sa silhouette se détachant sur le ciel. Son visage ne montre aucune trace de souffrance, juste l'allégresse d'avoir non seulement remporté l'étape, mais aussi d’avoir décroché le maillot à pois du Tour de France. Il ne lui reste plus qu'à arriver à Paris en un seul morceau, à trois étapes de là. Le compte à rebours continue.

La 19e étape est la plus longue de ce Tour, avec 222 km de parcours vallonné, accomplis sous une chaleur torride. Une grosse échappée se forme, se divise et se reforme jusqu'à ce que, près de l'arrivée, deux coureurs se détachent. À 2 km de l'arrivée, un coureur attaque soudainement. Il ne sera jamais repris. Nouvelle étape, nouvelle victoire en solitaire.

En parlant de solitude, la 20e étape voit se dérouler l'épreuve solo par excellence, le contre-la-montre individuel. Partant et arrivant au stade vélodrome, les coureurs doivent accomplir une boucle de 22,5 km dans les rues de Marseille. Puisque le maillot jaune semble hors de portée, c'est une course pour la gloire. Un jeune coureur polonais, Maciej Bodnar (Bora-Hansgrohe), inscrit très tôt un temps de référence. Suant sous le chaud soleil du midi, il voit les coureurs arriver les uns après les autres derrière lui, y compris d’anciens champions du monde de contre-la-montre. Bodnar remporte sa toute première victoire d'étape sur le Tour avec 1 seconde d'avance. La journée est marquée par une autre victoire : le maillot jaune est définitivement acquis. Même s'il reste une étape, tout est joué.

Le dernier jour du Tour ressemble à un long défilé de la victoire, suivi d'un sprint jusqu'au bar. Il commence comme d'habitude avec des rires, la fête et la vue d'hommes à vélo traversant la campagne française en buvant du champagne servi dans des flûtes en plastique. Le rythme est tranquille (pour des pros, s'entend) et il faut attendre le moment où le peloton s'engage sur les Champs-Elysées pour que les coureurs commencent à se dire qu'il serait peut-être temps de faire un peu la course. C'est une étape de sprinters. Alors, à 5 km de l'arrivée, Zdeněk Štybar de l'équipe Quick-Step allume ses réacteurs et attaque. Mais, parti trop tôt. Il est rattrapé à 2,5 km de l'arrivée par la meute des sprinters et le Tour de France 2017 se conclut par le traditionnel sprint massif.

Le Tour de France est une épreuve longue et difficile, mais comment ne pas l'aimer ? Avec tous les drames qui se sont produits cette année dans le monde, il aurait été facile de faire une croix dessus. Mais nous aimons le spectacle qu'il nous offre. Chaque étape se décide dans un instant de gloire. Un homme surgit du peloton et s'impose, parfois en solitaire, d'autres fois par un lancer de vélo opportun ou par la seule force et détermination brutes. Un coureur continue de rouler malgré ses blessures parce que le Tour, c'est le Tour. Un autre est expulsé, nous obligeant à choisir notre camp. Un homme filiforme attaque dans une côte tellement raide que les autres coureurs semblent reculer. Nous avons déjà commencé à compter les jours qui nous séparent de la prochaine édition du Tour, où tout recommencera. Pourquoi ? Pour le spectacle.

18 juillet 2017

Tour de France : le Prix des Combattants

Une bagarre éclate. Pas une de celles où, sur le bord de la route, des gars maigres en lycra tentent maladroitement, patinant dans leurs chaussures en carbone, d'échanger des coups de poing, mais une de ces batailles majestueuses où l’on se bat à coups de quadriceps et de watts pour un bout de tissu, un maillot qu'on dit « vert ». Après une journée de repos, le peloton se lance dans les 178 km de la 10e étape, un parcours court et plat taillé sur mesure pour les sprinters. Lorsque l'échappée est rattrapée à juste 6,5 km de l'arrivée, la messe est dite. Marcel Kittel remporte sa 4e étape depuis le début du Tour et, avec 13 victoires d'étape sur le Tour de France, bat le record de Cipollini le Roi Lion.
« Je suis toujours dans ma bulle, encore en train d’essayer de réaliser ce qui m’arrive ici », explique Kittel. Dans un monde où sévit la « réalité alternative », nous pouvons le rassurer alors qu'il enfile le maillot vert : « nein », il ne s'agit pas d'une fausse information.
Kermit la grenouille du Muppet Show chantait « pas facile d'être verte », mais Kittel ne connaît manifestemment pas la chanson. Il gagne dans un fauteuil, remportant apparemment sans effort le sprint de la victoire sur la 11e étape. Plus tard, il comparera son jeu de saute-mouton final à une partie de Tetris : il a simplement trouvé les bons trous. Cinq victoires d'étape en 11 jours. Chacun se demande : la bataille pour le maillot vert est-elle déjà jouée ? Qu'apportera la dernière semaine à ceux qui aiment l'effort brutal du sprinter ?
Mais avant d'en arriver là, le peloton prend la direction des montagnes. La 12e étape promet des cols difficiles toute la journée et les amateurs assistent avec bonheur à des ascensions héroïques et des échappées exubérantes. Dans un virage en descente, le maillot jaune surprend ses fans en faisant un tout-droit comme s'il voulait vérifier le stationnement des camping-cars. Serait-ce la petite erreur qui lui coûtera cher ? L'arrivée se fait en haut d'un mur impitoyable. Dans la dernière ligne, les leaders donnent tout ce qu'ils ont et le maillot jaune craque. Un français qui ne montre pas de trace de fatigue l'emporte. Ce soir, le maillot jaune change d'épaules. Le Tour n'est peut-être pas encore joué.
Le 14 juillet, les coureurs passent une deuxième journée dans les Pyrénées où les attendent quelques cols de première catégorie et une descente finale de 25 km. Tout au long de la journée, des hommes tentent de s'extraire du peloton. Au bout du compte, un Français l'emporte en ce jour de fête nationale et le maillot jaune reste vissé sur les mêmes épaules un deuxième jour de suite. La vue de Dan Martin, de l'équipe Quick-Step, qui après avoir terminé à une vaillante 6e place, doit être aidé pour descendre de vélo et se dirige, en boitant et grimaçant de douleur, vers le bus, nous rappelle que le cyclisme, ce n'est pas comme le golf. Il n'y a pas de caddy, chaque homme doit porter ses propres clubs.
La 14e étape se termine elle aussi par un mur, avec un pourcentage moyen de 10 % sur un peu plus de 500 m de dénivelé. Mais à l’arrivée, le maillot jaune retrouve des épaules très familières. Le classement général est-il joué ? Le champion craquera-t-il ou le portera-t-il jusqu'à Paris ? Sur le papier, rien n'est joué. À l'abord de la 15e étape, les fans analysent les temps et espèrent assister à un beau spectacle. Ils ne veulent surtout pas que se répète le même scénario que les années précédentes. La journée, marquée par une succession de cols,i culmine avec ce genre de victoires que nous aimons, une arrivée en solitaire, loin devant tout le monde. Pas de changement au classement général à la veille du second jour de repos. Le peloton se détend avec des massages et des sorties à basse intensité tandis que les fans font la grasse matinée, échafaudant de possibles scénarios. Jaune, vert, à pois ou blanc : personne n'abandonne sans se battre un maillot du Tour de France.
 

10 juillet 2017

Tour de France : Où les Aigles se Défient

Pour s'envoler dans le Tour de France, il faut faire comme l'aigle. Se placer au bord de l’abîme, déployer ses ailes, se secouer les plumes et sortir ses serres. Le coureur doit faire chauffer son moteur et une fois au régime maximal, lancer son corps consentant vers l'arrivée. Dans son Lycra scintillant sous le soleil français, il fond ensuite sur la proie de la victoire. La deuxième semaine du Tour ferait rêver tout ornithologue. La première fois qu'un aigle est repéré sur ce Tour, c'est lors de la 6e étape, où Marcel Kittel, serres affûtées, se fait porter par le vent de la victoire. Son corps massif bien abrité à l'amorce de la dernière ligne droite, il jaillit à 75 m de l'arrivée. Affaire classée.

La 7e étape offre à Kittel sa troisième victoire au sprint. Une nouvelle fois avec une assistance éolienne, mais un vent arrière qui pousse le peloton à aller encore plus vite. En le voyant s’envoler vers la ligne d'arrivée, on se dit que Kittel a attaqué trop tôt. Deux coureurs franchissent le portique d'arrivée côte à côte, des cris fusent, des bras sont levés et les sprinters s'effrondrent hors d'haleine sur leurs cintres. Personne ne crie victoire parce qu’on ne sait pas qui a gagné. Il faudrait avoir les yeux d’un aigle pour distinguer ce qui sépare la première de la deuxième place. Heureusement, la technologie compense notre vue défaillante et, après quelques secondes, on voit le visage de Kittel passer du doute à la jubilation. Avec sa 12e victoire sur le Tour de France, et la troisième sur cette édition, le maillot vert lui appartient une nouvelle fois.

Les aigles font ce qu’ils sont censés faire et nos aigles à deux roues reprennent les airs lors des 8e et 9e étapes. La 8e étape est marquée par une succession d'ascensions conquises à coup d'accélérations. Un Français s'impose en solitaire malgré les crampes. Tout un pays applaudit. Puis arrive la 9e étape, la plus difficile du tour.

Les coureurs sont courageux. Ils guettent les occasions et repoussent leurs limites. Mais, avec 45 km d'ascension, beaucoup cherchent seulement à survivre. Les sprinters craignent les jours comme celui-ci. Alors que les prétendants au classement général se battent entre eux, eux serrent les dents, aspirent leurs gels et rêvent d'un soda glacé en haut du col. Après avoir survécu au Col de la Biche, le Grand Colombier flagelle les coureurs jusqu'à ce que leur chair soit bien tendre. La dernière ascension du jour, le Mont du Chat, est la plus raide de l'étape et du Tour. Personne n’échappe à la douleur. On assiste à des incidents mécaniques, des attaques opportunistes, des efforts héroïques et des coups d'éclat. L'échappée tient presque toute la journée, sous une forme ou une autre, jusqu'à ce qu'une terrible chute se produise dans la descente à 23 km de l'arrivée. Des favoris sont poussés à l'abandon, d'autres repartent en sang et grimaçant de couleur. Le vélo du vainqueur au sprint porte lui aussi les stigmates de cette dure journée.

Après tout l'émotion de la 9e étape, où des favoris ont craqué dans les cols, des chutes ont entraîné des abandons et le peloton a beaucoup souffert, posons quelques instants nos jumelles d'observation des aigles. Mais gardons-les à portée de la main, parce c'est juste un jour de repos. On en aura encore besoin pour la 10e étape. 

7 juillet 2017

Tour de France : Les 5 Furieux

 Le Tour enflamme, il produit une douce chaleur dans vos veines. Anticipation d'une victoire, excitation provoquée par une échappée ou poussée d'adrénaline déclenchée par une attaque. Parfois aussi, le sang bout et on lève son poing au ciel. Temps perdu au classement général, malchance, stratégies de Ligue Fantasy bouleversées, tout ça en seulement 5 jours de furie. Mais c’est fini. Laissez tomber. Le Tour a encore tout plein de compétition dans son sac. Mais impossible de laisser tomber, parce que, quand même, quelle sacrée semaine ! La première étape, bien mouillée, a vu les coureurs glisser dans les rues de Düsseldorf. La stratégie pour le contre-la-montre était risquée : attaquer avec le risque de chuter, ou y aller mollo et perdre du temps au classement général ? Les rues glissantes ont eu le dernier mot sur ce parcours sinueux et technique, transformant certains coureurs en palets de hockey propulsés vers l’abandon. Mais le premier jour est celui on l’on place les pièces sur l'échiquier du Tour de France et, après le prologue, le premier Maillot jaune arborait un sourire aussi éclatant que le maillot lui-même. À cet instant, il est évident que cette course peut être aussi douce que cruelle.

Le régime du sprinter est consistant, et la 2e étape s’annonçait comme un festin carnivore pour le premier arrivé à table. Marcel Kittel de l'équipe Quick-Step, banane adroitement rangée sous le casque, savait que les yeux de tous ses concitoyens étaient braqués sur lui lorsqu'il s'est aligné sur la ligne de départ de Dusseldorf. Mais ce regard ne devait pas être trop pesant puisque sur la ligne d'arrivée de Liège en Belgique, on l’a vu sauter de roue en roue pour arriver en tête. La vue de l'émotion de Kittel à la fin de l'étape était rejouissante. il avait de quoi être ému : il avait remporté sa 10e victoire d'étape sur le Tour et s’était emparé du maillot vert dès le deuxième jour. Pour l'anecdote : Kittel a atteint la vitesse maximale de 69,19 km/h lors du sprint. S'il n'avait pas porté un Evade, ses boucles blondes auraient certainement été soufflées vers l'arrière aussi majestueusement que lors d'une séance dans le Win Tunnel au siège de Specialized.

Accidenté. Cet adjectif décrit très bien le profil de la 3e étape. Après le départ fictif à Verviers (Belgique), ce furent 200 km de montagnes russes jusqu’à une arrivée en côte courte mais technique. Après toutes ces collines, tout le monde a assisté avec stupeur à un spectaculaire déchaussage du champion du monde en titre. En effet, alors qu'il se lançait pour le sprint, sa chaussure s’est déclipsée mais il a réussi à la refixer sur la pédale avec ce calme que nous adorons. Avec sa puissance coûtumière, il a remporté sa huitième victoire d'étape sur le Tour. La première, mais malheureusement aussi la dernière (attention, spoiler !) de cette édition.

On ne se souviendra de la 4e étape du Tour de France 2017 que pour une chose : pas le coureur qui s'est imposé au sprint, mais ceux qui n'ont pas gagné. L’incident final (le coup de coude de Sagan ayant entraîné son exclusion) a une odeur de scandale. Ce n'est pas une question de bien ou de mal ou de « lui contre les autres ». C'est un coup de poing dans le ventre de tout amateur de vélo.

Après toutes ces émotions, nous étions finalement dans la montagne pour la première des trois arrivées au sommet de ce Tour. C'était un jour d'échappées, dont une sortie courageuse de Philippe Gilbert de l'équipe Quick-Step, le jour de son anniversaire, dans la dernière ascension du jour. Gilbert a bien résumé la difficulté de la Planche des Belles Filles : « ça semblait beaucoup plus facile à la télé ». Même s'il a finalement été rattrapé, c'était beau à voir. En le voyant grimacer dans un mur à 20 %, son corps se tordant d'un côté à l'autre, le spectateur grimace aussi dans son fauteuil. Gilbert pense peut-être que ça avait l'air plus facile à la télé, mais nous avons tous ressenti la tension et l'effort des coureurs dans l'ascension finale.

Cinq étapes sont passées, il en reste encore seize. L'émotion est partout. Excitation à un moment, déception l'instant d’après. Être un fan du Tour de France, c'est passer par toutes les émotions possibles et imaginables.

29 mai 2017

Giro d’Italia : Maglia Madness

  La 2e semaine du Giro commence par une lutte pour le maillot rose. Il passe des épaules d'un coureur qui l'a porté plusieurs jours à celles d'un autre dont l'objectif est de le conserver jusqu'au bout. Evidemment, d'autres n'attendent que l'occasion de s'en emparer. Pourtant, après la 9e étape, l'écart est significatif et il sera difficile de le récupérer. Mais on n'est qu'au début de la 2e semaine et le Giro est toujours imprévisible. Qui sait quelle « polémica » se déclenchera au cours des prochains jours ? C'est l'Italie, les étapes de montagne sont souvent un peu folles. Certains sont uniquement préoccupés par le classement général, d'autres par la victoire d'étape. Cette semaine, les opportunistes sont à chercher dans les rangs des plus jeunes, dont un en particulier. Audacieux et impétueux, Fernando Gaviria (Quick-Step) se propulse vers une victoire spectaculaire sur la 12e étape. À 22 ans, il semble collectionner les points au sprint aussi facilement que des timbres. Est-ce le nouvel espoir ? Il est très fort, au point de rempiler et de remporter la 13e étape le lendemain, affichant un score impressionnant de quatre victoires d'étape. Il est bien décidé à défendre son maillot cyclamen jusqu'à l'arrivée à Milan, ce qui semble jouable puisque les montagnes ne sont pas loin et que la plupart des sprints sur le plat sont passés.

Mais la semaine n'est pas jouée pour Quick-Step. Bob Jungels, 24 ans, décide qu'il ne se contentera pas de porter comme il le fait le maillot rose depuis cinq jours et qu'il aimerait bien connaître le goût de la victoire d'étape. La chose arrive lors de la 15e étape où, dans un sprint final échevelé, il remporte sa première victoire au sprint, mais aussi sa première étape du Giro, exploit qu'aucun Luxembourgeois n'avait réalisé depuis 1956. La semaine se termine par des bises sur le podium, des douches de champagne et un déferlement de jeunesse sur le Giro. Et maintenant ? Les montagnes arrivent, et l'expérience pourrait très bien reprendre le dessus.

24 mai 2017

Giro d’Italia : Le Jeune Électrique

La 2e semaine du Giro commence par une lutte pour le maillot rose. Il passe des épaules d'un coureur qui l'a porté plusieurs jours à celles d'un autre dont l'objectif est de le conserver jusqu'au bout. Evidemment, d'autres n'attendent que l'occasion de s'en emparer. Pourtant, après la 9e étape, l'écart est significatif et il sera difficile de le récupérer. Mais on n'est qu'au début de la 2e semaine et le Giro est toujours imprévisible. Qui sait quelle « polémica » se déclenchera au cours des prochains jours ? C'est l'Italie, les étapes de montagne sont souvent un peu folles. Certains sont uniquement préoccupés par le classement général, d'autres par la victoire d'étape. Cette semaine, les opportunistes sont à chercher dans les rangs des plus jeunes, dont un en particulier. Audacieux et impétueux, Fernando Gaviria (Quick-Step) se propulse vers une victoire spectaculaire sur la 12e étape. À 22 ans, il semble collectionner les points au sprint aussi facilement que des timbres. Est-ce le nouvel espoir ? Il est très fort, au point de rempiler et de remporter la 13e étape le lendemain, affichant un score impressionnant de quatre victoires d'étape. Il est bien décidé à défendre son maillot cyclamen jusqu'à l'arrivée à Milan, ce qui semble jouable puisque les montagnes ne sont pas loin et que la plupart des sprints sur le plat sont passés.

Mais la semaine n'est pas jouée pour Quick-Step. Bob Jungels, 24 ans, décide qu'il ne se contentera pas de porter comme il le fait le maillot rose depuis cinq jours et qu'il aimerait bien connaître le goût de la victoire d'étape. La chose arrive lors de la 15e étape où, dans un sprint final échevelé, il remporte sa première victoire au sprint, mais aussi sa première étape du Giro, exploit qu'aucun Luxembourgeois n'avait réalisé depuis 1956. La semaine se termine par des bises sur le podium, des douches de champagne et un déferlement de jeunesse sur le Giro. Et maintenant ? Les montagnes arrivent, et l'expérience pourrait très bien reprendre le dessus. 

15 mai 2017

Giro d'Italia : Abonné au Rose

Comme dans un jeu de patate chaude à l’italienne, le Maglia Rosa passe d'un coureur à l'autre pendant les quatre premiers jours du Giro d’Italia. Rien d'inhabituel à cela, sauf que trois de ces coureurs appartiennent aux équipes Quick-Step Floors et Bora-Hansgrohe, comme si les équipes sponsorisées par Specialized s'amusaient à s'échanger le maillot. Jusqu'à ce que Jungels décide qu'il aime avoir la patate chaude dans ses mains... La première semaine d'un Grand Tour est toujours un peu folle. Les coureurs prennent leurs marques, s'efforcent de réfréner leurs ardeurs jour après jour et d’éviter les chutes idiotes dues à un excès d'exubérance. Un seul faux pas peut anéantir tous les espoirs, mais la première semaine est aussi l'occasion de remporter une de ces victoires de début de Giro et de se faire un nom. Les coureurs sont aussi excités que les spectacteurs par le spectacle, et voient le rose clignoter devant leurs yeux comme les néons de Las Vegas. Un rose qui les nargue : « Qui veut me porter ? ». « Oserez-vous me conserver ? »

 

La première semaine, c'est ce que chacun cherche à deviner.

 

Premier jour et BOUM ! Le Giro est à peine commencé que le jeune Lukas Pöstlberger (Bora-Hansgrohe) surprend tout le monde en décrochant le maillot rose. Juste 25 ans et un sourire victorieux si large qu'il tient à peine dans le cadre. Cette joie effrénée, ce moment d'éclat inattendu, c'est ça le Giro. Même s'il perd le maillot le jour suivant, il restera toujours le premier maillot rose du Giro 2017.

Lors de la 3e étape, Gaviria de l'équipe Quick-Step surgit au bon moment pour franchir la ligne d'arrivée dans une démonstration de puissance pure, s'assurant non seulement la victoire mais aussi le maillot rose. Il remportera une autre victoire d'étape deux jours plus tard, mais ne restera qu'un seul jour en rose. Parce que Bob Jungels est entré en scène avec son Livre de la jungle en cinq chapitres. Même s'il n'a pas été élevé par les loups, il sait comment rouler parmi eux puisqu'il décrochera le rose lors de la 4e étape et le conservera jusqu'à la 9e.

Mais passons à la deuxième semaine. À quoi ressemblera-t-elle ? Encore un jeu d'échange de maillots ou un long passage en rose pour quelqu'un prêt à écraser toute concurrence ? Nous sommes impatients de le découvrir. 

14 mai 2017

Tour de Californie Féminin

Tout commence par une journée typique au bord du lac Tahoe : le soleil brillant dans le plus bleu des ciels, le lac scintillant avec une exubérance typiquement californienne et la neige couronnant les montagnes. Les coureuses du Tour de Californie féminin se pressent autour du point de signature de la feuille d'émargement, impatientes de laisser leur marque sur la course. Peu après, elles prennent place dans le corral de départ et c'est parti pour 117 km autour du lac Tahoe au cours desquels elles n'auront pas le temps de s'émerveiller de la beauté des paysages. Elles seront trop occupées à s'affronter et à chercher leur souffle dans l'air raréfié de la montagne. Tout le monde le dit, ce sera très chaud. Les attaques s'enchaînent mais le peloton résiste. À l'approche de l'arrivée, alors que la route commence à monter, une coureuse attaque, puis une autre. Des opportunistes tentent de casser le peloton. Soudain, deux coureuses de l'équipe Boels-Dolmans, Anna van der Breggan et Megan Guarnier, jaillissent dans un dernier effort pour mettre fin aux souffrances. Dans le dernier virage de la montée finale, la triple championne des États-Unis l’emporte sur la championne olympique. La 1re étape est terminée. Avec un soupir de soulagement, Megan descend du podium, ours en peluche de la victoire dans les mains et maillot jaune sur le dos.

Le deuxième jour fait mentir le cliché des journées d'été dans la Sierra Nevada. Le thermostat chute, le vent agite le lac et fouette les spectacteurs qui se pressent autour de feux invisibles, s'abritent mutuellement du vent et se réchauffent les mains sur des gobelets de café. Les coureuses qui se présentent à l'émargement sont protégées par plusieurs couches de vêtements, qu'elles n'ôteront qu'au dernier moment. Lorsqu'elles franchissent de nouveau la ligne de départ et d'arrivée plusieurs heures plus tard, le soleil brille de tous ses feux. Megan a perdu le maillot jaune, mais la championne olympique Anna van de Breggan est toujours très bien placée au classement général, à juste trois secondes de la première. Cet après-midi, la caravane descend vers des contrées plus chaudes, et les spectacteurs sortent les shorts et la crème solaire, parés pour la 3e étape à Sacramento.

Trois secondes. C'est tout ce qui sépare Anna de la maillot jaune. Alors, le troisième jour, la machine Boels-Dolmans se met en marche et prend la direction des opérations sur un parcours la plupart du temps plat comme une tortilla. Lors d'un sprint intermédiaire, elle allume les réacteurs et Anna fait le reste. Bien que n'étant pas connue pour être une grande sprinteuse, elle décroche la deuxième place à une seconde de la leader. Une chose est sûre, la dernière étape sera chaude.

Il faut une seconde pour gagner une seconde. Sur la 4e étape, Anna van der Breggan adopte le style de vie californien en surfant dans les roues de ses coéquipières. Elles ne travaillent plus que pour elle. Deux secondes, c'est tout ce dont elle a besoin pour passer en tête. Sa deuxième place au sprint lui donne une seconde d'avance. Plus tard, alors qu'elle enfile le maillot jaune de leader au classement général du Tour de Californie féminin 2017, elle se fait une nouvelle fois la réflexion que, dans la compétition cycliste, la moindre seconde compte, que l’on parle du temps qui passe ou du classement. 

23 avril 2017

Liège-Bastogne-Liège

 La victoire d'Anna van der Breggen dans Liège-Bastogne-Liège a conclu de très belle manière pour l'équipe Boels-Dolmans la semaine des classiques ardennaises. La coureuse néerlandaise et Lizzie Deignan, sa coéquipière, ont chacune réalisé un triplé en trustant les respectivement première et deuxième places sur le podium.Liège-Bastogne-Liège a commencé comme un bal de lycée, où l’on s'observe timidement en attendant que l'autre prenne l'initiative. Mais comme on n’arrive pas à grand-chose en faisant tapisserie, le rythme s’est rapidement accéléré. Chaque côte a donné lieu à une échappée rapidement rattrapée. Car l'orchestre, animé par Christine Majerus, Megan Guarnier et Karol-Ann Canuel de l'équipe Boels-Dolmans, imprimait un rythme élevé que la concurrence ne pouvait pas suivre.


Puis des groupes se sont formés. Lorsqu'une grappe select de cinq coureuses s’est détachée, Van der Breggen et Deignan ont commencé par laisser faire. Mais l'aventure fut brève pour le groupe maintenant réduit à quatre : un coup d'œil en arrière de Van der Breggan, un petit signe de la tête de Deignan et la championne olympique a accéléré. En quelques instants, elle a jailli de l'avant de la course dans un rythme puissant et régulier qu'elle a conservé jusqu'à la ligne d'arrivée, quatre kilomètres plus loin.


Anna van der Breggen réalise le triplé dans les classiques ardennaises (Amstel Gold, Flèche Wallone et Liège-Bastogne-Liège). Pour l'anecdote, aucune équipe n'avait encore réussi à placer deux coureurs sur les deux premières marches du podium de chacune de ces épreuves. Nous ne parlons ici que des équipes masculines car jusqu'à cette fameuse semaine, le peloton professionnel féminin n'avait jamais eu l'occasion de courir les trois classiques.

21 avril 2017

La semaine des classiques ardennaises

Amstel Gold, Flèche Wallone et Liège-Bastogne-Liège sont l'entrée, le plat et le dessert du « Classiques ardennaises », un menu que les filles du peloton professionnel ont été pour la première fois cette année invitées à déguster. L'entrée et le plat principal ayant déjà été servis, il ne restait plus que Liège-Bastogne-Liège. Un dessert pour lequel Anna van der Breggen (équipe Boels-Dolmans) avait gardé tout son appétit.Tout a commencé avec l'Amstel Gold. Et même si son nom évoque une entrée à base de bière, cette course se compare bien mieux à un caviar de qualité : riche, intense et granuleux, avec 17 côtes qui laissent un léger « goût de la douleur » en bouche. Ce dimanche, Anna van der Breggen, la championne olympique qui avait à peine 12 ans la dernière fois que des femmes se sont alignées au départ de cette course en 2003, s'est détachée d'un groupe de six pour franchir la ligne d'arrivée en tête, suivie de sa coéquipière Lizzie Deignan. Les deux n’ont laissé que des miettes à leurs adversaires. Une coureuse néerlandaise membre d'une équipe néerlandaise qui remporte une course néerlandaise ? C'est bon comme une gaufre néerlandaise tout juste sortie du four.


La deuxième course, la Flèche Wallonne féminine, s'est tenue quelque jours plus tard. Un plat aux saveurs familières et rassurantes pour van der Breggen, avec un petit goût de victoire. Dans une attaque presque identique à celle menée un an plus tôt, Anna s'est élancée entre les deux dernières côtes, pour se retrouver seule dans le Mur de Huy et l'emporter avec 16 secondes d’avance sur sa poursuivante immédiate. Deuxième victoire dans les Ardennes, donc, pour la championne olympique (et une nouvelle deuxième place pour Lizzie), mais surtout, troisième victoire consécutive d'Anna van der Breggen dans la Flèche. Avec son record de victoires féminines dans cette classique, c’est vraiment la « reine du Mur ».


Il ne reste plus que le dessert : Liège-Bastogne-Liège. Personne dans le peloton féminin ne connaît le goût de cette course, puisque c'est sa première inscription au calendrier World Tour féminin. Nous sommes impatients de voir quelle coureuse sera la plus affamée de victoire et qui devra payer l'addition.

9 avril 2017

Paris-Roubaix

Il n'est jamais facile de dire au revoir, mais on avait la gorge serrée ce dimanche d'avril en voyant Tom Boonen dire adieu à ses rêves de 5ème victoire sur Paris-Roubaix. Alors que les kilomètres défilaient, une pensée singulière agitait les fans du puissant Belge : c'est la dernière fois. La dernière fois qu'on le regardera franchir en force la tranchée d'Arenberg. La dernière fois qu'on verra sur nos écrans Tommeke voler sur les galets à une vitesse stupéfiante. Au moment où il est entré pour la dernière fois dans le vélodrome, alors que le sprint pour la victoire s'était conclu à peine 20 secondes plus tôt, on s’est demandé s'il se disait, comme nous, que c'était le dernier sprint de sa carrière. Bien que tristes de savoir qu'il n'y aurait pas de happy end, nous ne pouvions pas nous empêcher de sourire. Quelle carrière ! Quel bonheur il nous a donné ! Tom Boonen nous a offert 15 années d'exploits. Son style décontracté, ses nombreuses victoires et batailles homériques sur la route, son leadership et sa grâce sur le vélo resteront dans nos mémoires.

2 avril 2017

Ronde des Flandres

Sur les pavés du Kwaremont, Philippe Gilbert s'extrait des griffes du groupe. L'action est risquée : à 50 kilomètres de l'arrivée, il a toutes les chances d'être repris. Il jaillit du peloton sous les acclamations des spectateurs sur le bord de la route ou dans leur canapé. Nous retenons notre souffle en regardant l’homme foncer tête baissée vers l'arrivée. Implacable, prêt à tout, il vole.Il fait bien mieux que résister. Ses poursuivants sont à 29 secondes lorsque Gilbert, à quelques mètres de la ligne d'arrivée, descend tranquillement de son vélo et le soulève comme s'il arrachait une épée des galets qu'il vient de conquérir. Il franchit la ligne à pied, tout sourire et encore étourdi par ce qu'il vient d'accomplir. C'est incroyable. Il a pris un risque fou qui a payé. Philippe Gilbert est le nouvel héros des Flandres.

18 mars 2017

Milan-San Remo

Comme un pull en laine qui se détricote, Milan-San Remo commence par un léger tirage de maille au moment où le peloton quitte Milan. Le pull conserve une forme solide et reconnaissable pendant encore quelque temps alors que des rangs et des rangs de terres agricoles italiennes sont méthodiquement défaites. Alors que le peloton fonce vers le tunnel au sommet du Passo del Turchino, le détricotage dans les plaines de Lombardie est considéré comme tellement sans surprise qu'il est rarement filmé. Mais dès que le peloton s'est débarrassé du Turchino et descend vers la côte, chacun sait que les mailles seront tôt ou tard saisies fermement et tirées d'un coup sec. Tandis que des hélicoptères survolent la côte, les fans sont hypnotisés par les kilomètres de fil couleur de mer arrachés à la course. Une échappée de 10 coureurs résiste aussi longtemps qu'elle le peut, mais elle n'aura jamais plus de cinq minutes d'avance. Derrière, dans le peloton, les sprinters se préparent pour une seule chose : survivre au Cipressa et au Poggio.Dans une accélération sur la Cipressa, les coureurs, dont certains espoirs du sprint, sont balayés comme les aigrettes d'un pissenlit dans le vent méditerranéen. Le détricotage commence alors sérieusement. Sur nos canapés, tabourets de bar et lits, nos cœurs commencent à battre plus fort.


Lorsque Sagan attaque dans le Poggio, il le fait avec une puissance telle qu'il donne l'impression de dire à ceux qu’il lâche : « goûtez un peu de mon maillot arc-en-ciel ». L'arc-en-ciel a le goût de l'acide lactique. Deux hommes survivent à l'assaut et le rejoignent en tête. Comme eux sans doute, nos cœurs battent la chamade. Après avoir négocié les emblématiques virages en épingle à cheveux, ils déboulent comme un seul homme du Poggio. L'excitation est palpable. Ils ne seront pas rattrapés. Ils seront sur le podium.


Le sprint nous coupe le souffle. Trois coureurs d'élite se livrent une bataille acharnée ; ils puisent dans leurs dernières forces pour franchir en tête la ligne d'arrivée sur la via Roma. Les jambes n'ont plus d'énergie. Les poumons sont vides. Nous attendions Sagan ou Alaphilippe mais nous ne sommes pas déçus du résultat. Une arrivée comme celle-ci, tous les amateurs de sport cycliste en rêvent.

6 mars 2017

Strade Bianche

En 10 années d'existence, la Strade Bianche s'est progressivement affirmée jusqu’à devenir l'une des courses d'un jour les plus illustres et les plus pittoresques du calendrier World Tour. Du gravier blanc qui lui donne son nom à l'arrivée à Sienne, ville médiévale inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, cet ancien « gran fondo » en passe de devenir une classique de printemps offre tout ce qu’on attend d'un monument du cyclisme sur un plateau italien en argent. Cette année, le ciel a déversé des trombes d'eau, ce qui donné sur la route blanche toscane habituellement inondée de soleil un avant-goût des courses septentrionales à venir. Évidemment, nous étions tous derrière Zdeněk Štybar et Peter Sagan. Et même si le premier a raté le podium de peu, la beauté absolue de cette future classique a suffi pour nourrir notre passion. Ce fut tout simplement une magnifique journée de course.

January 3, 2017

Calling all Race Fans

If we were to define 2016 in a word, it would be "transition." We saw old friends go in new directions, crowns get heavier, legacies meet the final page of their stories, and the dawning of new eras. And while it would be easy to stay there in the past, time waits for no one, so neither should we. Walk through the thresholds of Quick-Step–Floors, Boels-Dolmans, and Bora-Hansgrohe's Team Camps with us and witness what 2017 has in store.